03 décembre 2010

Une lettre qui nous en apprend beaucoup

Bonjour à tous,

décidément, ces derniers jours sont riches en nouvelles...

Après le coup de téléphone de David VILLECOURT, c'est un message de Maria Eugénia SOLANS que j'ai reçu.

Pour mémoire, c'est la petite fille de Eugénie VILLECOURT, elle-même soeur du Dr Raymond VILLECOURT.

A son mail étaient joints les scans de deux lettres adressées à sa grand-mère Eugénie :

  • le premier, datant de 1927, est de la main de Claudine VILLECOURT née SALZAT sa belle-soeur, femme du Dr Raymond VILLECOURT, et fait surtout état de la santé précaire de ce dernier.
  • le second, datant de 1933, vient du Québec et est de la main de la soeur d'Eugénie.

Voici cette dernière lettre et sa transcription :

Carat_rosa_1

                            J.M.J

Collège de Montréal  10 Dec 1933

Ma bien aimée Sœur et Marraine
Tu dois te demander ce que je fais et bien je vais te le dire. Je suis un peu paresseuse mais je me dépêche de réparer ce défaut. Tu sais ma chère je t’aime bien et je ne t’oublie pas. Je mêle ton cœur dans mes prières à Celui qui console les cœurs affligés. Je lui dis de te fortifier dans tes peines car il est le maître des événements. C’est toujours en Père qu’il agit. Tu dois connaître la souffrance car tu as goûté

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au calice d’amertume tout comme Notre Seigneur mais soyons heureuses : la souffrance passe, la récompense sera éternelle.
Quand je vois comment Ste Thérèse de l’Enfant Jésus a souffert elle aussi des siens, cela me donne du courage car tu sais ce que j’ai souffert avec Raymond mais le bon Dieu m’a bien gratifié de bien des grâces puisque j’ai le bonheur de lui appartenir. Je suis à l’abri de biens des soucis. Il m’a aimée sans doute plus que je le méritais. J’écris à ta fille en même temps qu’à toi et je l’encourage à  t’écrire afin que tu trouves un peu de consolation. Je pense très souvent à Notre Sœur Jeanne. On ne sait ce qu’elle fait. Il me semble qu’elle est peut être morte. Je reprends ma lettre que j’ai laissée. C’est aujourd’hui la veille de Noël et la lorsque je serais à la chapelle, je demanderais au bon petit Jésus de te bénir ainsi que mes deux petits neveux

Carat_rosa_3

Je ne les connais pas. Si du moins j’avais ton portrait et le leur.
Il nous faut bien prendre tout ce que le bon Dieu nous fait il veut embellir la couronne et te faire mériter le ciel.
Tu recevras un peu en retard ma lettre du jour de l’an puisqu’elle prend 24 jours avant d’arriver. Cependant je viens te souhaiter une bonne et sainte année. Les vœux que je forme pour toi sont plus sincères que nombreux. Tu sais que Lulu J t’aime bien ce nom que tu aimais à me donner lorsque j’étais jeune.

Carat_rosa_4

Ce temps n’est plus. Je ne suis plus une enfant. Je suis bien heureuse et je voudrais te faire gouter un peu de ce que je ressens. Le bon Dieu a été très bon pour moi. Après avoir souffert comme j’ai souffert je goûte un peu plus de paix.

Je vais donc terminer en te souhaitant une bonne et sainte année.

Je t’embrasse bien affectueusement.

Ta Sœur qui t’aime.

Cette lettre est très intéressante au niveau généalogique, car par de toutes petites allusions, elle nous révèle des informations ignorées jusque là.

  • l'expéditrice de cette lettre est la soeur d'Eugénie, mais également sa filleule : elles ont donc au moins une dizaine d'année d'écart.
  • le surnom "Lulu" de l'expéditrice et le fait qu'elle évoque une autre soeur prénommée Jeanne confirment ce que ma grand-tante Badie évoquait dans ses notes : Raymond et Eugénie avaient bien deux autres soeurs prénommées  Lucile, la religieuse, et Jeanne.

Lucile et Jeanne n'étant pas née au Creusot, et sachant que plusieurs traces concordantes montraient que leurs parents s'étaient établis à Pairs dans les années 1890, je me suis décidé à consulter les registres en ligne des Archives de Paris et plus précisément à chercher les éventuelles naissances VILLECOURT dans tous les arrondissements.

Pari gagné : Lucile est née le 4 janvier 1883 et sa soeur Jeanne le 15 avril 1884 à Paris 17ème arrondissement, où vivaient leurs parents. Par contre, aucune mention marginale n'indique un éventuel mariage ou le lieu de leur décès.

Tant que j'y étais, j'ai poussé un peu les recherches concernant le décès de leurs parents : ils sont tous les deux survenus à Paris 8ème arrondissement : le 5 juillet 1890 pour Marie Claudine LAMAIN et le 27 septembre 1898 pour Jean Antoine VILLECOURT.

A son décès, Jean Antoine laissait donc deux enfants déjà mariés (ou presque...) [1] mais également deux toutes jeunes filles de 14 et 15 ans. Elles ont donc sans doute suivi toutes les deux leur frère Raymond au Canada.

S'il est confirmé par cette lettre que Lucile y est restée [2], qu'est devenue Jeanne ? Mystère... pour le moment...

@ bientôt

Benoît

[1] Notre cousine Andrée VILLECOURT du Canada m'avait fait passé l'an dernier plusieurs document. Dans la copie d'un article de journal paru au Québec lors du décès du Dr Raymond VILLECOURT, il été indiqué que sa soeur religieuse, soeur Jeanne-Marie, était restée au Canada.

[2] Raymond VILLECOURT et Claudine SALZAT ne se marièrent effectivement qu'en 1929 à Trémolat, bien après la naissance de leurs huit enfants.

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Commentaires sur Une lettre qui nous en apprend beaucoup

    très intéressant ....

    ces dernières communications de notre famille. des faits inconnus nous sont révélés et posent de nouvelles énigmes . Je n'a jamais entendu parler d'une religieuse née Villecourt ayant vécu à Montréal . J'ai même interroger la seule petit-fille survivante de la lignée de Roger fils de Raymond et elle me dit ne jamais avoir eu connaissance d'une tante religieuse . L'entête de la lettre portant le nom de Collège de Montréal est sans doute une piste à explorer. le Collège de Montréal à ma connaissance était dirigé par des religieux et non pas par des religieuses.
    Je vais cependant tenter de retracer cette Lucile qui, par déduction , serait le prénom de la religieuse en question. Mon père( marcel) petit-fils de Raymond, a été orphelin à l'âge de 5 ans. Sa mère,( épouse de roger fils de raymond) a dû aller travailler pour subvenir aux besoins de sa famille. Comme il n'y avait pas de garderie à cette époque elle a dû '' placer ', mon père à l'orphelinat .Mon père me disait que sa mère avait un traitement de faveur de la part de l,orphelinat car elle connaissait une religieuse membre de la communauté des Soeurs Grise de Montréal.Cette connaissance serait -elle lucille ? je n,en sais rien...Avec cette déduction peut-être sommes nous sur une piste .
    Quant à Jeanne le mystère persiste. Bientôt, il se peut que j'aie d'autres révélations concernant mon arrieère grand-père Dr.Raymond. Je dois obtenir le consentement d'un membre de ma famille avant.

    Posté par andréevillecourt, 03 décembre 2010 à 15:48 | | Répondre
  • Concernant Lucile...

    Bonjour Andrée,

    que voilà des informations intéressantes

    J'ignorais que ton papa avait été placé dans son enfance. En tous cas, la piste des soeurs grises semble crédible.

    De mon côté, j'ai envoyé un mail au Collège de Montréal : on verrra si j'ai une réponse...

    @ bientôt

    Benoît

    Posté par Benoît, 03 décembre 2010 à 16:13 | | Répondre
  • le nom de l'orphelinat

    j,ai retrouvé le nom de l'orphelinat cela s'appelait ;'' la crèche d'Youville '' nommée ainsi au nom de la fondatrice des soeurs grises de montréal qui est mère Marie Marguerite d'Youville.L'orphelinat était situé sur la Montée de Liesse dans l'ouest de l'île de Montréal . L'édifice a été vendu et transformé en habitation de type condominiums .Je vais téléphoner à la Maison Mère des soeurs grises cet aprés midi car ici nous ne sommes qu'à l'heure du déjeûner comme vous dites chez vous.

    Posté par andréevillecourt, 03 décembre 2010 à 18:49 | | Répondre
  • eureka ! pour lucille villecourt

    oui eureka! j,ai retrouvé la trace de soeur Marie-Jeanne ( Lucie Villecourt) du collège deMontréal. elle faisait partie de la communauté des PETITES SOEURS DE LA SAINTE FAMILLE.La maison-mère de cette communauté est située à Sherbrooke ici dans la région des cantons de l'est et c'est sur le terrain de cette communauté qu,elle y est inhumée. Elle est décédée en 1950. L,archiviste de la communauté me signalait que sur le baptistère c'est le prénom de lUCIE VILLECOURT qui apparaît mais qu,elle signait toujours son nom comme LUCILLE. Voilà sans doute la raison que l'on ne retrouve pas sa trace. Cette religieuse archiviste va aussi me poster la biographie de Lucie ou Lucille .

    Posté par andréevillecourt, 14 décembre 2010 à 17:17 | | Répondre
  • Bravo Andrée !!!

    Quelle efficacité !!!
    C'est chouette de savoir que j'ai un relais sur place au Canada pour les recherches. On va finir par remettre toutes les pièces du puzzle en place.

    Au fait, le nom de Sherbrooke doit rapeler des choses à mon cousin Paul

    @micalement

    Benoît

    Posté par Benoît, 14 décembre 2010 à 17:28 | | Répondre
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